Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916) est un recueil de poésies en 6 parties : Ondes – Etendards – Case d’armons – Lueurs des tirs – Obus couleur de lune – Tête étoilée, écrit par Guillaume Apollinaire (1880-1918). Exemplaire numéroté, édition Mercure de France, Paris, 1918.

Il s’agit d’un recueil en 6 parties dont les poèmes ont été écrits durant la première guerre mondiale. L’auteur l’a dédié à la mémoire de son plus ancien camarade René Dalize, mort au Champ d’Honneur le 7 mai 1917.

En frontispice on trouve un portrait de l’auteur dessiné par Pablo Picasso et gravé à l’eau forte par René Jaudon.

Le titre « Calligrammes », est un terme inventé par Guillaume Apollinaire. Il est la contraction des mots « calligraphie » (Kallos en grec, art de l’écriture) et « idéogramme » (Gramma en grec, dessin représentant une idée). Le calligramme est dessiné et formé par des phrases poétiques. Il tisse le rapport entre la poésie et sa représentation visuelle, c’est une idéalisation de la poésie vers-libriste. Pour Guillaume Apollinaire il s’agissait d’écrire en beauté.

Dans la première partie « Ondes », on peut lire des poèmes « Liens », « Les fenêtres », « Les collines », etc., écrits en vers et des calligrammes « La cravate et la montre », « Cœur, couronne et miroir », « Il pleut » (conf. photo n° 4, 5, 6). Ce chapitre rassemble des sujets liés au plaisir et à la vie.

Les 4 parties suivantes regroupent des poèmes qui parlent de la guerre dans les tranchées, les camarades morts au champ, l’attente de revoir un être cher, le temps et les souvenirs, les obus et canonnades, etc.. Le plus célèbre des calligrammes (chapitre Etendards) est « La colombe poignardée et le jet d’eau » (conf. photo n°3).

N.B. : La 1ère édition à 25 exemplaires de la partie « Case d’Armons » a été polygraphiée sur papier quadrillé à l’encre violette au moyen de gélatine, à la batterie de tir (45e batterie, 38e régiment d’artillerie de campagne) devant l’ennemi et le tirage à été achevé le 17 juin 1915.

Dans la dernière partie, « Tête étoilée », Guillaume Apollinaire exprime son espoir et ses rêves de paix. On entend l’apaisement à la fin de la canonnade dans « Carte postale », l’espoir de la fin de la guerre dans « l’Avenir », « la Victoire », la joie dans « L’oiseau qui chante », « Le chant d’honneur » et « Eventail des saveurs » (conf. photo n°7) ainsi que l’amour de la vie dans « La jolie rousse » poème autobiographique écrit à son retour lorsqu’il était blessé.

Première édition de 1918.
L’exemplaire n° 904 que la Bibliothèque Romain Gary possède est coté XX-B.296

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