Les vestiges antiques de l’amphithéâtre de Cimiez à Nice et du trophée d’Auguste à La Turbie

L’archéologie à Nice et ses environs vue à travers les précieux documents des Archives Nice Côte d’Azur

 

Dès 1828, le Génie civil intervient à Cimiez et, à partir de 1857, à La Turbie. Le premier recensement des monuments historiques de Piémont-Sardaigne, la tabella de 1859, commandée par la Giunta di Antichità e Belle Arti, recommande à l’administration centrale turinoise les deux sites niçois.

Cinq ans après l’Annexion, en 1865, le classement des vestiges antiques de l’amphithéâtre de Cimiez et du trophée d’Auguste à La Turbie en 1865 correspond à la première application dans l’arrondissement de Nice du régime français de protection des monuments historiques

Il importe en effet d’intégrer le patrimoine monumental du comté de Nice dans le réseau de protection du patrimoine des Monuments historiques, ce qui signifie l’intégration des territoires anciennement sardes dans l’histoire nationale française.

Sur le plan scientifique, les deux édifices classés se distinguent par leur exemplarité et leur monumentalité. L’amphithéâtre de Cimiez vient se placer logiquement dans la typologie de la première liste des monuments classés en 1840 où figuraient les amphithéâtres de Nîmes, Arles et Fréjus. Quant au Trophée, comme unicum, il élargit la typologie des antiquités nationales.

Les vestiges antiques de Cimiez

Le frigidarium a longtemps faussement nommé Temple d’Apollon. L’architecte florentin San Gallo fait un relevé des ruines au XVIe siècle.
Dès la fin du XVIIIe siècle, les éditeurs d’estampes proposent aux touristes italiens, britanniques ou français des vues pittoresques des ruines du temple de Cimiez, lieu de promenade des premiers touristes en villégiature sur la Riviera.

Au XIXe siècle, les Arènes de Cimiez sont un lieu de réunion ou de promenade familiale. Après l’achat de la villa Garin de Cocconato, les services techniques de la ville de Nice aménagent dans les années 1950 les Jardins des Arènes en promenade publique ; le site est utilisé pour diverses manifestations : concerts, kermesses, notamment les Fêtes des Mais ou le festival international de jazz.

Il faut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle quand les fouilles de l’architecte niçois François Brun identifient les thermes de l’est puis encore la Seconde Guerre mondiale et la mise au jour de plusieurs pièces de ces mêmes thermes (destrictarium, tepidarium, laconicum et frigidarium) en 1943. Le terrain de fouilles est inscrit par arrêté du 24 août 1943. Les Thermes du Nord sont classés par décret du 30 août 1947 (sous le nom de « Temple d’Apollon »). Les parcelles ou parties de parcelles sont classées par arrêté du 31 mars 1958.

Le trophée d’Auguste à La Turbie

Le trophée d’Auguste, mis à l’honneur dans l’album souvenir de Nice et ses environs édité par le chevalier Barberi en 1834, est également présenté aux Français dans l’album de lithographies Nice et Savoie édité après l’Annexion des trois anciens territoires sardes en 1864.

Il entre ainsi au rang des monuments antiques qu’il faut avoir découverts lors d’un périple dans les Alpes-Maritimes d’où sa fréquente apparition, comme sujet de la représentation dans l’édition de cartes postales ou en toile de fond de portraits dans les albums photographiques familiaux, fin XIXe et tout au long du XXe siècle.

Des hauteurs où plane la route, le bourg paraît être assis sur un monticule dont il suit la partie déclive, fortement accusée.

A cette distance, le dôme de l’église couronne fort bien les habitations, et le paysage emprunte un aspect riant à la pureté du ciel, au contraste des montagnes presque nues avec les cultures soigneusement établies, partout où le travail humain a cru trouver une chance rémunératrice.

Avançons un peu sur notre droite pour atteindre le sommet du pittoresque rocher, connu sous le nom de la Tête-de-Chien, qui se dresse tout abrupt, tout droit, à près de 700 mètres du fond d’un abîme, où le regard plonge comme pris de vertige.
L’horizon découvert ne se peut décrire. De tous côtés, les cimes escaladent le ciel; souvent même la chaîne grise des Maures et le massif rougeâtre de l’Estérel se voient, très distincts, dans les profondeurs de l’ouest, humbles, mais pittoresques, devant les couronnes de neige des Alpes et les crêtes dentelées des Apennins, formant la limite orientale de l’immense demi-cercle entrevu.

Tout le relief de la côte se dessine, encadré par le riche azur de la mer sur lequel, aux jours clairs d’été, tranchent les premiers rivages des montagnes de la Corse.

Ce sont des tableaux devant lesquels l’admiration n’a plus la faculté de s’exprimer, nul mot ne pouvant rendre une aussi complète splendeur.

Le littoral de la France, par Ch.-F. Aubert (V. Vattier d’Ambroyse) (1883-1889)

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