Charles-Paul Landon, Vénus et Eros, 1810, huile sur toile, N.Mba 42, Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice. © Muriel Anssens / Ville de Nice, 2021
Née de l’écume de la mer, assimilée par les Romains à la déesse grecque Aphrodite, Vénus est la divinité latine de l’amour et de la beauté.
Charles-Paul Landon (1761-1826) est un peintre français qui fut aussi historien de l’art et conservateur au musée du Louvre. L’œuvre Vénus et Eros (1810) appartient au style néoclassique, par son thème comme le traitement formel qu’en fait l’artiste. Le profil grec, la silhouette gracieuse et la chair lisse correspondent au « beau idéal » tant recherchée par les créateurs de cette période : ils sont alors en proie à une fascination pour l’Antiquité liée aux récentes découvertes de sites archéologiques majeurs tels que Pompéi.
Vénus personnifie ici une douceur et une beauté atemporelle faite d’équilibre et d’harmonie. Appuyé sur ses genoux avec délicatesse, Eros la contemple, le regard empli d’amour.
Gustave-Adolphe Mossa, Vénus, 1904, aquarelle, mine de plomb et encre sur carton grège, N.Mba 5547, Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice. © ADAGP, Paris, 2021
Gustave-Adolphe Mossa (1883-1971), loin de la position d’artiste officiel des sphères parisiennes, crée, un siècle plus tard à Nice un ensemble d’œuvres que l’on rattache au mouvement artistique et littéraire du symbolisme. Dans les tableaux et dessins de Mossa, la femme est fatale, et engendre souvent le chaos, la souffrance et la mort. Figurant parmi bien d’autres sources, des récits tirés de la mythologie gréco-latine, Mossa met en scène le terrifiant conflit entre Eros et Thanatos, l’amour et la mort.
Entourée de poissons volants qui abolissent la séparation des éléments, l’air et l’eau, Vénus porte à sa bouche une fleur de lys, dont le sang remplace la sève. Cette fleur, habituellement symbole de pureté, est ainsi détournée au profit de suggestions plus érotiques. Le front baissé de la déesse accentue son regard froid et vide, quasiment animal. Sur son épaule, Eros, espiègle, pointe une flèche vers son mamelon, rajoutant à la charge sensuelle de cette aquarelle.
D’une lisse perfection, la Vénus de Charles-Paul Landon répond à des codes bien précis afin d’offrir une vision idéale de l’amour. Eros, divin messager du sentiment, y apparaît angélique et innocent. A l’inverse, Mossa associe à l’amour une perversité latente. Vénus y est animée d’un désir inquiétant, encouragée par Eros dont la flèche révèle la concupiscence.
> Suivez l’actualité du Musée des Beaux-Arts Jules Chéret sur @museedesbeauxartsjulescheret
Découvrez aussi
Souffle pour la Paix
En parallèle de l’exposition de ses sphères au Palais Lascaris, l’artiste Caroline Challon Belval au Palais Lascaris, a installé des colonnes de souffle en réalité augmentée sur le territoire niçois.
Exposition « Nice et ses villes jumelles au sein de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO »
Le miroir de brume de la Promenade du Paillon accueillera du 28 janvier au 29 mars prochains une exposition consacrée aux sites naturels, paysages culturels et édifices emblématique des ville jumelles de Nice inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Architectures théâtrales, morphologies spatiales ?
Le Forum d’Urbanisme et d’Architecture s’associe à la Fête des Théâtres, ouvre ses archives et réactive le lien vers un cours de Rafaël Magrou, critique d’architecture, enseignant-chercheur : « Architectures théâtrales, morphologies spatiales ».


