Depuis le printemps dernier, la vie sociale est bouleversée par les mesures sanitaires : les corps sont tenus à distance par les mesures barrières et surtout, avec les confinements et couvre-feu successifs, notre espace de vie se réduit bien souvent à quatre murs.

Ceci met le Forum d’Urbanisme et d’Architecture dans une position singulière. Certes, nous partageons avec les autres institutions culturelles la même impossibilité d’accueillir du public ainsi que la même expérimentation d’outils de partage à distance. Mais à la différence de nos homologues, ces nouvelles pratiques sociales contraintes questionnent plus que notre organisation matérielle : elles mettent en jeu l’essence même de ce qui est notre « cœur de métier ». L’architecture, la ville et le paysage portent notre action, et nous avons l’habitude de les présenter comme des éléments sensibles, porteurs de sens, de plaisirs esthétiques et de liberté. Or aujourd’hui, par un fâcheux effet de retournement avec le confinement et le télétravail, l’architecture en son expression la plus directement vécue (celle de nos domiciles) devient pour beaucoup une boîte qui enclôt une de ces libertés : celle de nous déplacer. En réaction à ce possible malentendu, le Forum a entrepris de conjurer, par des « méditations optimistes » justement sur l’architecture, ce sentiment d’enfermement dont on taxerait injustement celle-ci.

Pour ce faire, nous avons donné carte blanche à diverses personnalités de l’architecture, de l’urbanisme, du design et d’autres champs de la culture et du savoir afin qu’ils partagent avec nous leur propre façon de « pousser les murs ». Nous leur avons demandé de nous inspirer pour regarder et vivre d’une manière légère et surprenante ces boîtes qui sont, pour une durée indéterminée, notre univers limité, pour ne pas oublier que l’architecture demeurera synonyme d’ouverture et d’espace quels que soient les aléas du moment.

L’architecte Mylène DUQUENOY montre que le kilomètre réglementaire n’est pas une limite en ce qu’elle pousse à mieux ouvrir les yeux sur notre territoire familier.
Myriam FEUCHOT, citadine confinée dans 45 mètres carrés, tient un journal de bord en vidéo pour garder le contact avec la vie : les autres, les émotions, la joie, le rire…
Lisie PHILIP, chorégraphe, se demande également par des vidéos comment ré-habiter ce corps confiné à la maison, où le regard ne peut que se poser sur des murs.
Ève ROY, historienne de l’architecture, nous propose de nous inventer de nouveaux territoires au-delà des murs à travers une carte mentale de notre quartier.
Mathieu ZIMMER, géographe, et Youpi la France proposent des lieux idéaux d’après confinement(s) en dessinant ces territoires imaginaires à partir d’une liste d’envie de proches ou d’inconnus.

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