Les Archives Nice Côte d’Azur regorgent de registres, correspondances, plans, photographies…) qui ne demandent qu’à sortir de leurs boîtes pour se mettre en mouvement et vous conter l’histoire des sites, édifices, événements et personnages clés de l’histoire de Nice. 

Affiche-Lola-Montes

Affiche d’André Bertrand pour le film de Max-Ophuls Lola Montès avec Martine Carol, 1955. Archives Nice Côte d’Azur, 7 Fi 1
© Adagp, Paris, 2021

On doit à l’affichiste André Bertrand une centaine d’affiches de cinéma sur une dizaine d’années entre 1955 – date de la sortie parisienne du film Lola Montès et de la création des affiches de Meurtres à responsabilité limitée, L’homme de la plaine, Francois le rhinocéros, Colère noire, La môme vert de gris, Les fruits de l’été, La fille du fleuve, Cellule 2455, couloir de la mort, Vivre un grand amour ou Indes fabuleuses – et 1966 (La Tour prends garde, avec Jean Marais, ou Les Misérables avec Jean Gabin, Danièle Delorme).

Dans les années 1950, il travaille aux côtés d’Hélène Le Breton et Michel Romuald.au Consortium des Arts Publicitaires (C.A.P.), fondé en 1946 par Pathé et dirigé par Jacques Marin, neveu de Charles Pathé.

Avec cette représentation de Lola Montès, le décalage est flagrant entre la réalité de l’œuvre cinématographique que les spectateurs pourront découvrir (et siffler…) dans les salles de France en 1956 et la représentation publicitaire commandée au dessinateur, laquelle dénote la perplexité des financiers du producteur Gamma Films devant l’œuvre très (trop ?) moderne de Max Ophüls (1902-1957).

Sur le papier, une Lola à la beauté agressive remplit la quasi-totalité de l’affiche, le maître de cérémonie (Peter Ustinov à l’écran) étant relégué en bas à gauche. L’image, qui évoque une joyeuse écuyère dans un cirque bon enfant est des plus trompeuses et ne reflète guère la noirceur de l’histoire contée par le cinéaste qui, dès les premières images, exhibe une Lola, déchue, malade et affaiblie, comme une bête curieuse en cage, devant les spectateurs du cirque Mammuth.

Martine Carol (1920-1967), l’actrice fétiche des Françaises, n’arbore jamais à l’écran cette robe au généreux décolleté, épaules dénudées : au contraire, dans tout le film, manches longues et cols fermés cachent les charmes de la comédienne au grand dam des spectateurs. A. Bertrand l’a également blondie et lui a détaché les cheveux pour que ses admirateurs et admiratrices puissent la reconnaître alors qu’elle est, sur le plateau, coiffée d’un chignon noir de jais.

Doit-on attribuer à ce décalage entre la publicité et la réalité de l’œuvre d’Ophüls l’échec commercial de ce film en partie tourné dans les jardins de la villa « Les Palmiers » à Nice ?

Pour en savoir plus sur ce film, rendez-vous sur le site des archives de la Métropole Nice Côte d’Azur.

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