En 1935, Sa Majesté Carnaval LVII, roi des jeux du cirque et de la foire, entre en piste lors d’un corso nocturne le samedi 23 février. Sa suite ne comporte pas moins de 5 grands chars, 11 petits chars, 6 cavalcades, 53 groupes et 112 « isolés ». Le cortège est accompagné et animé par nombreuses fanfares locales et du char de la musique.

Le char du roi

Carnaval paraît en dompteur, le sourire aux lèvres, la marotte et le fouet au poing, plus constellé de médailles qu’un ministre plénipotentiaire. Un des lions qu’il a dressé se venge en lui arrachant le fond de sa culotte d’un large coup de croc. Derrière le monarque, on aperçoit la tente où il opère. Un clown sur le côté du char assassine une grosse caisse à grand coups de mailloche et, dans le fond, une charmeuse de serpents présente un boa plus ou moins constrictor dardant une langue inoffensive. Surmontant le tout, l’Hercule de la troupe, en caleçon de peau de panthère, semble s’envoler en prenant pour appui la longue queue du roi de la savane. De chaque côté, de gracieuses écuyères se tiennent sur de gentils poneys, eux-mêmes en équilibre sur de grosses boules bleues et blanches.
Ce char royal est dû à l’imagination fertile de MM. Musso et Martino d’après une maquette de Gustave-Adolf Mossa.

La chanson officielle

Sous l’impulsion d’Andriot Saëtone, le Comité des fêtes de la Ville de Nice a organisé, de 1903 à 1961, un concours annuel pour sélectionner la chanson officielle représentant Carnaval. La chanson lauréate était largement diffusée dès les fêtes de Noël, par l’Harmonie municipale, les chanteurs ambulants ou la radio et jouée pendant les corsi par l’orchestre du char de la musique.
L’oeuvre musicale était éditée en feuille volante en réduction piano, en partition pour orchestre et même pour musique militaire. Les paroles en niçois étaient souvent accompagnées de leur version française.
En 1935, la marche officielle du Carnaval est : « Vaga d’aqui !… Vaga d’aïa !… » (Il vagabonde ici !… Il erre de là !…) : Paroles Dominique Jules Mari, musique A. de Pierlas.

Photos © BMVR de Nice, Bibliothèque patrimoniale Romain Gary

Découvrez aussi

L’Odalisque au coffret rouge

L’Odalisque au coffret rouge

Avant son départ pour Berlin, puis Tokyo, découvrez l’Odalisque au coffret rouge, une œuvre exemplaire, peinte à Nice en 1927, témoin de la recherche inlassable d’Henri Matisse sur le rapport entre le volume du corps et les surfaces plates du décor.

lire plus