par Marc Barani, Architecte

© Serge DEMAILLY.

À l’occasion de la proposition d’inscription de Nice sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, le service Ville d’art et d’histoire et la Mission Nice Patrimoine Mondial vous proposent de découvrir un cycle de conférences dédié à « NICE, LA VILLE DE LA VILLEGIATURE DE RIVIERA ».

 

Patrimoine et infrastructures sur la Riviera​.

Nice a toujours été un ailleurs, loin des pouvoirs dont elle dépendait.

Elle s’est construite comme une fiction à partir de l’idée que s’en faisaient les populations qui venaient s’y implanter. La riviera est essentiellement un territoire rêvé.

La ville est génoise avec le vieux Nice, turinoise avec les extensions tramées autour du Paillon. Les Anglais et les Russes y ont vu la possibilité d’aménager une ville exotique à partir de la beauté du paysage et de son climat. Le tourisme de masse, avec sa vision populaire de la grande bleue, a ensuite transformé le littoral en s’installant de façon linéaire au plus près des plages.

Le modèle de la technopole et le tourisme d’affaire ont rajouté une strate à ce palimpseste où l’imaginaire a puissamment imprégné le territoire.

On peut trouver la confirmation de ce mode de développement si particulier dans le fait que Nice n’est pas, contrairement à toutes les métropoles méditerranéennes, une ville port. Son horizon est dégagé, libre de toute infrastructure portuaire contrairement à Barcelone, Marseille ou Gènes, pour prendre les villes les plus proches.
Nice est une ville aéroport, internationale par nature et cette infrastructure continue, par le brassage des populations et de cultures qu’elle implique, d’ancrer la ville et le territoire dans le thème de la villégiature.

Les autres infrastructures, voies ferrées, corniches, autoroutes sont aussi le témoin et l’armature des divers modes d’habiter le paysage. La villégiature d’hiver essentiellement urbaine avec ses casinos, grands hôtels et aménagements de promenades le long de la mer s’est essentiellement appuyée sur le train. La transformation progressive de la villégiature d’hiver en villégiature d’été a eu pour conséquence l’étirement des aménagements routier le long de la côte avec la création des corniches et l’occupation des caps.

Mais le lien entre infrastructure et architecture si fort et clair au XIXe siècle, notamment à Cimiez où certaines parties des corniches ou soutènements et bâtiments sont intimement liés, s’est rompu au XXe siècle.​

Porter un regard patrimonial sur ces infrastructures, c’est donner un nouveau potentiel aux espaces qu’elles génèrent, c’est atténuer leur effet de rupture et tenter de rendre une urbanité à ces lieux.

Le service Ville d’art et d’histoire de la Ville de Nice, avec son « Centre du Patrimoine – Le Sénat », est une équipe composée d’historien.nes, de professionnel.les du guidage et de la médiation.
Il connaît toutes les facettes de Nice et donne les principales clés pour comprendre son patrimoine urbain, architectural et paysager. Il anime avec passion des visites, des conférences, des expositions et des interventions pédagogiques.

Il étudie et inventorie également (dans le respect des normes de l’inventaire national) le patrimoine niçois en vue de la connaissance, de la valorisation, de la sauvegarde, de la restauration et de l’évolution urbaine de la Ville de Nice.

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