Le musée des Beaux-Arts Jules Chéret ouvre ses portes en 1928. Mais il existe en réalité depuis les années 1870, installé dans divers lieux de la Ville. L’annexion de Nice à la France en 1860 eut une influence décisive sur sa création initiale.

Jean Gilletta, Façade du Palais des ArtsMusée Jules Chéret, futur musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice, vers 1928, archives du musée des Beaux-Arts Jules Chéret.

A la suite de l’annexion de Nice, Napoléon III et Eugénie visitent la Ville et ses alentours. Surpris de ne pas y trouver de musée, ils y font organiser une exposition et envoyer des œuvres du Louvre en dépôt. L’activité artistique existe alors principalement grâce à des initiatives privées : les quelques librairies et galeries d’art organisent des expositions et jouent ainsi le rôle de musée, dont l’absence est régulièrement regrettée. Des cercles artistiques et littéraires tels que Les Amis des Arts ou La Société des Beaux-Arts de Nice sont créés par les hivernants et les notables locaux et permettent la tenue de salons. Ces salons, équivalents des expositions d’art contemporain aujourd’hui, permettent aux artistes de vendre leurs œuvres.

C’est à partir de 1872 que se forme, sous l’impulsion de l’homme politique, journaliste et artiste Augustin Carlone, le premier musée d’art de la Ville. Il ouvre dans une salle de la bibliothèque municipale, rue Saint-François-de-Paule avant d’être agrandi dans un appartement contigu. Inadapté à la présentation des œuvres, il est transféré en 1890, dans la galerie Portallier sur le boulevard Dubouchage. Devant l’afflux de dons, le bâtiment devient rapidement trop étroit. En 1901, la Ville, consciente de l’importance d’un tel établissement pour son image, installe le musée dans un immeuble à l’angle de l’avenue Notre-Dame et de la rue Hancy (actuel « Palais Bréa »).

En 1926, la municipalité acquiert le monumental palais Kotschoubey-Thomson sur la colline des Baumettes, dans lequel se trouve encore aujourd’hui le musée. Commandé en 1878 par la princesse ukrainienne Elisabeth Kotschoubey, le palais est néanmoins vendu inachevé en 1883 à Anne et James Thomson, couple de riches Américains. L’achèvement du bâtiment est confié à l’architecte Constantin Scala, en vue d’en faire un espace de réceptions spectaculaires. Pour le transformer en musée, l’architecte de la Ville, Nicolas Anselmi, modifie en profondeur le bâtiment, à la recherche d’une épure qui, selon le goût de l’époque, mettra le mieux en valeur les œuvres.

Le baron Vitta, grand collectionneur, mécène et ami de Jules Chéret, suit de très près l’aménagement des salles du musée, et pour cause : il fait don à la Ville de plusieurs centaines d’œuvres de Chéret et l’ensemble du premier étage sera dédié à leur présentation. L’inauguration du « Palais des Arts, musée Jules Chéret » a lieu le 7 janvier 1928. Après de nombreuses années, le musée des Beaux-Arts trouvait enfin ses lettres de noblesse dans cette demeure d’exception.

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par Edith Fagnoni, Professeure des Universités en Géographie, Sorbonne Université. Directrice de l’UFR de Géographie et Aménagement. Membre du Laboratoire Médiations, Sciences des lieux – Science des Liens, Sorbonne Université, et Membre associé du Laboratoire EIREST (Équipe Interdisciplinaire de Recherche Sur le Tourisme),
Université Paris1 – Panthéon-Sorbonne, Présidente de l’Association de Géographes Français.

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